Les Surprises du Nouveau Cinéma Paradisio de Noyon

04 octobre 2017

«  Nous aurons le seul cinéma à le proposer en Picardie !  » Orlando Gomes, propriétaire du Nouveau Paradisio, n’est pas peu fier des numéros de fauteuils et des lettres de rangées en caractères dorés, dans la plus grande des quatre salles du multiplexe qui ouvre mercredi 27 septembre, au Mont Renaud : les spectateurs pourront réserver leur place attitrée, notamment via le site du cinéma. « C’est pratique pour les retardataires, que nous devions parfois séparer  », glisse l’entrepreneur. Celui-ci illustre ainsi la priorité du concept des quatre salles de 120 à 285 places (contre 85 à 250 dans l’ancien cinéma du boulevard Ernest-Noël) : le confort.

Les sièges rouges, commandés au fabricant jurassien Keslo, ont été conçus «  sur mesure, spécialement pour l’établissement de Noyon  », indique cette entreprise. «  Il ne faut pas avoir mal au dos à la fin d’une séance, justifie Orlando Gomes. J’ai également voulu de l’espace entre les rangées, des places réservées non seulement aux personnes handicapées, mais aussi à leurs accompagnateurs  ». Dernière surprise, dans les angles du fond de chaque salle : des banquettes de deux assises sans accoudoir de séparation.

La technologie sonore Dolby Atmos, dite du « son 3D », fera son apparition dans les quatre salles. Pour un rendu différent de celui du Dolby 7.1 jusque-là proposé en centre-ville. «  Cela n’a plus rien à voir. On passe de sept à 38 voies par salle. Les différents sons sont répartis du sol au plafond, sur les côtés, par dix amplificateurs, détaille le gérant. Là encore, il s’agit d’un procédé pour l’instant unique en Picardie. »

Idem pour l’image : la technologie du 4K fait son apparition dans la salle de 284 sièges. « Aucun multiplexe ne l’a dans la région. Cela permet de doubler la définition de la projection. Des copies de sorties nationales en 4K, il y en a de plus en plus.  » Et pour les trois autres salles ? «  J’ai récupéré les projecteurs numériques de l’ancien Paradisio.  » Ex-opérateur-projectionniste de profession, Orlando Gomes estimait indispensable l’achat de ce matériel de pointe : «  J’ai voulu que Noyon puisse avoir un cinéma pour le long terme. » Il affirme ne jamais avoir songé à investir dans une autre ville : «  C’est Noyon qui nous a accueillis, ma famille et moi, en 1971. On est venus tout petits, puis j’y ai acquis de l’expérience. Si bien qu’ouvrir ce cinéma ici, c’était pour moi un devoir  ».

L’équipe du Paradisio, qui passe de cinq à sept personnes, a bien l’intention de se tourner vers l’Histoire : le musée vivant du cinéma, ce projet évoqué dès 2008, est censé voir le jour dans une partie du hall de 200 m2. Il sera alimenté par le matériel ancien de projection et les affiches issus de la collection personnelle du propriétaire des lieux. «  Le musée sera visible de l’intérieur comme de l’extérieur  », conçoit Orlando Gomes, qui ne souhaite pas annoncer de date : «  Je le ferai dès que je le pourrai. Il fallait ajouter un budget de 20 000 euros, ce qui ne m’était pour le moment pas possible  ».

Pour Orlando Gomes, dont la société avait repris le cinéma noyonnais cinq mois après la fermeture de l’ABC Palace, en 2004, pas de doute : les trois salles du boulevard Ernest-Noël avaient un avenir limité. Même si l’établissement de centre-ville est depuis monté à un rythme annuel de 70 000 entrées, selon le gérant. « Nous aurions rechuté, c’est automatique. Surtout face à la concurrence des salles récemment rénovées à Jaux, estime-t-il. Avec Le Nouveau Paradisio, je veux montrer que l’on peut faire un cinéma de qualité, moins cher qu’ailleurs. » Le tarif d’entrée pour les adultes, sans réduction, a été fixé à 8,50 euros, toutes salles confondues. « Je sais que la clientèle locale a envie de rester ici, j’ai eu beaucoup de remontées en ce sens, ajoute Orlando Gomes. Nous visons 100 000 entrées pour la première année, et 130 000 dès la deuxième. Nous les atteindrons, car cela a été prouvé par une étude. » La fréquentation est guettée par plus d’un : ce projet de près de 4 millions d’euros a pu voir le jour grâce à une aide publique de 1,847 million d’euros (en incluant l’aménagement de la voirie et du parking de 180 places), votée par le Pays noyonnais en 2015.

Source : Courrier Picard