Noy’On Air a germé dans une classe de lycée

13 août 2018

Une radio «  libre et proche des gens  », tel était le rêve d’Oliver Garde, directeur d’antenne de Noy’On Air. Avec ce professeur de mathématiques au lycée Calvin de Noyon, normal que cette radio ait débuté dans une salle de classe. «  C’était en 2010 ou 2011, j’avais envie d’écrire des portraits, de mettre en avant des personnes. Je pensais à une forme de magazine, mais l’édition et la distribution, c’était trop compliqué, se souvient le quadragénaire. Puis un jour, j’ai entendu un de mes élèves sur radio Puisaleine. C’est là que j’ai eu le déclic. »

Restait à Olivier de se former à la technique, car il n’y connaissait pas grand-chose. Pour lui, ça a été une passion toute de suite. «  J’avais investi dans du matériel. Un an et demi après, j’ai quitté radio Puisaleine, et j’ai créé un club radio au lycée. Mes achats ont donc continué à me servir.  » Ce sont les élèves du club qui ont d’ailleurs trouvé le nom Noy’On Air.

Après un an, le club s’est éteint. Olivier Garde souhaitait alors démarrer une diffusion FM. «  Avec une ou deux autres personnes, nous avons commencé à écrire le projet, en décrivant ce que serait la radio de nos rêves : une station positive, qui met de la bonne humeur, qui soit proche du terrain. » L’idée était née, ne restait plus qu’à la mettre en place.

« On avait déjà créé l’envie chez les gens »

La petite équipe a alors appelé le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), apprenant ainsi que pour obtenir une fréquence, il fallait attendre un appel à candidatures. «  On nous a dit que ça pouvait mettre cinq, voire 10 ans ! Ça a été la douche froide, car on avait déjà créé l’envie chez les gens...  »

Noy’On Air s’est alors lancée sur le web, en 2015. Quelques jours après seulement, un appel à candidature pour une fréquence à Noyon était effectivement émis par l’autorité régulatrice. «  C’était improbable, pendant un mois, on a bossé nuit et jour pour envoyer le dossier et gérer la webradio en même temps.  » En janvier 2016, Olivier Garde apprend que la fréquence va leur être accordée. «  J’ai vu ça alors que j’étais en plein contrôle, au lycée ! J’étais sur un nuage, je pense que mes élèves ont pu tricher sans même que je m’en rende compte. » C’est le 12 novembre 2016, après une soirée de lancement au théâtre du Chevalet à Noyon, que Noy’On Air est apparue sur les ondes (98.5). «  On a rendu à la ville la radio locale qu’elle avait perdu dans les années 80.  » En combinant son métier de professeur et bénévole à la radio noyonnaise, Olivier Garde estime travailler entre 60 et 70 heures par semaine. «  Ça fait 18 mois qu’on est là, et c’est extraordinaire. On est à peu près 40 dans l’équipe. Et l’esprit est là : on tourne tout au positif, même les problèmes, on est joviaux à l’antenne, en passant beaucoup de temps sur le terrain parce que c’est notre marque de fabrique, et 90 % de nos émissions sont diffusées en direct. On a encore beaucoup de projets, sans savoir où tout ça nous mènera, mais on le vit à fond !  » Logique comme un devoir de maths.

Bientôt un second studio dans l’Aisne?

Pour Noy’On Air, les débuts sur la bande FM, fin 2016, avaient été un peu timides : « On a eu du mal à démarrer au sein de l’équipe, en attendant des retours. Mais on a tout de même persisté sur notre fil rouge, et depuis un an, ça ne fait que monter en puissance  », confie le président. Aucune mesure de l’audimat n’a été effectuée pour le moment, mais le succès de la radio se mesure aux interactions avec les auditeurs. « Avant, on avait un mail tous les 15 jours, maintenant c’est plutôt 15 par jour ! On a beaucoup de contacts sur les réseaux sociaux... » Et pour la rentrée, les projets vont bon train  : «  En septembre, nous aurons une réponse pour savoir si l’on aura l’autorisation d’avoir une seconde fréquence, sur Tergnier (Aisne). Dans ce cas, nous ouvririons un second studio là-bas, nous recruterions quelqu’un, et la radio changerait de nom. Nous avons aussi lancé le projet de la Caravane de l’Europe. Il s’agirait, pendant dix samedis, de mettre en avant le continent à travers des animations, des jeux, des collations et des concerts. On partirait avec une caravane et deux voitures, dans des villes à 40 kilomètres autour de Noyon. Pour ça, nous attendons des subventions de l’Union européenne. »


Merci au Courrier Picard : http://www.courrier-picard.fr/129410/article/2018-08-12/noyon-air-germe-dans-une-classe-de-lycee